Au-delà du procès permanent
Beaucoup d'hommes vivent aujourd'hui sous une forme de procès permanent : coupables par principe, sommés de s'excuser d'exister. Ça n'aide personne — ni eux, ni les femmes.
Reconnaître sa part de violence, ce n'est pas plaider coupable. C'est autre chose : c'est oser regarder ce qui vit en soi, pour ne plus en être l'esclave.
Reconnaître n'est pas se soumettre
Nier sa violence, c'est la laisser agir dans le dos — en passif-agressif, en fuite, en froideur. La reconnaître, au contraire, c'est reprendre la main dessus.
Reconnaître sa part de violence, pour un homme, c'est un cadeau à offrir — pas une soumission, une libération partagée.
C'est un des fils de ma causerie avec Marie Mombrun : la responsabilité vécue comme un don, pas comme une dette.
La violence n'est pas que physique
La violence physique se voit. La violence psychologique, elle, est invisible — et pourtant elle vide de la vie : le mépris, le déni du ressenti de l'autre, l'emprise.
Repérer ces formes subtiles en soi, c'est déjà arrêter de les reproduire. C'est là que commence la puissance : dans la lucidité, pas dans le contrôle.
Du refoulé à la puissance
La puissance, ce n'est pas la force qui écrase. C'est l'énergie qui, une fois reconnue et accueillie, peut se mettre au service : protéger, poser des limites, créer, aimer pleinement.
Accueillir sa violence, c'est récupérer cette énergie qu'on avait mise sous clé — et la rendre disponible pour la vie.
Ce qu'on me demande souvent
Reconnaître sa violence, n'est-ce pas se culpabiliser ?
Non. La culpabilité regarde en arrière et paralyse ; la responsabilité regarde ce qui vit maintenant et rend le pouvoir d'agir. Reconnaître, c'est le second mouvement, pas le premier.
Toute colère est-elle de la violence ?
Non. La colère est une émotion saine qui signale une limite franchie. La violence, c'est quand elle déborde sur l'autre. Accueillir sa colère aide justement à ne pas devenir violent.
Comment accueillir sa violence concrètement ?
En la ressentant dans le corps sans passer à l'acte, en la nommant, et souvent en étant accompagné — en cercle d'hommes ou en individuel — pour la traverser en sécurité.
C'est quoi le lien avec Marie Mombrun ?
Cet article s'appuie sur une causerie que j'ai eue avec Marie autour de la reconnaissance de la violence — la sienne, la nôtre — comme chemin de libération partagée.
Cet article parle du travail intérieur sur sa propre violence. Si tu es en danger ou victime de violences, ce n'est pas de ça qu'il s'agit : contacte le 3919 (violences conjugales) ou le 17.