Transformation · Souveraineté

Sortir de la posture de victime :
passer de victime à créateur

Par Etienne Hayem

Il y a un endroit en toi qui sait que tu vaux mieux que la place où tu te tiens. Passer de victime à créateur, ce n'est pas « penser positif » — c'est reprendre, une à une, les clés que tu as posées ailleurs.

Le confort amer de la posture de victime

Se plaindre a un avantage caché : quand c'est la faute des autres, du système, du passé, on n'a pas de pouvoir — mais on n'a pas de responsabilité non plus. C'est une place inconfortable, et pourtant familière, presque rassurante.

Le problème, c'est qu'on y attend quelque chose qui ne vient jamais : que l'autre change, que la situation se répare toute seule, qu'on vienne nous sauver.

J'ai pu être victime, il y a des moments où je peux me sentir victime — mais je suis un être créateur.

Créateur : reprendre la responsabilité (sans la faute)

Le basculement tient dans une distinction simple mais décisive : ce n'est pas ta faute (l'origine), mais c'est ta responsabilité (ce que tu en fais maintenant). Responsabilité n'est pas culpabilité. C'est du pouvoir qui revient.

J'aime une image : je suis le roi de mon château fort, avec des gardes tous les cinq mètres sur les remparts. Quand une parole me blesse, au lieu de dire « c'est lui », je demande :

Qui est le garde qui l'a laissé rentrer ? Personne ne peut te blesser sans ton consentement.

La blessure n'est plus une attaque extérieure : c'est un signal qu'une part de moi demande à être écoutée. Et ça, je peux m'en occuper.

Le piège du sauveur, l'autre face de la victime

Attention à un revers subtil : si je ne suis pas créateur, je ne suis pas seulement victime — je peux aussi devenir sauveur. Vouloir sauver le monde, les autres, à tout prix.

C'est beau, mais ça part souvent d'un endroit de peur et de manque de confiance. Avoir peur pour la planète, par exemple, peut cacher : « je ne fais pas confiance à ce que nous pouvons créer ». On court alors dans sa roue de hamster, et ce n'est jamais assez.

Sortir de la victime, c'est aussi lâcher la toute-puissance du sauveur — et agir depuis la joie et l'élan, pas depuis la peur.

Comment on bascule, concrètement

1. Repérer les parts qui se plaignent. Chaque fois que tu te sens victime, il y a une part plus jeune, blessée, qui demande de l'amour. La voir, l'écouter — au lieu de projeter dehors.

2. Reprendre une clé à la fois. « C'est moi qui choisis, donc c'est moi qui assume » : l'argent que j'investis, le travail que je fais, le regard que je porte. Je redeviens adulte à cet endroit.

3. Demander de l'aide — sans redevenir victime. Sur certaines mémoires, on ne s'en sort pas seul : appeler quelqu'un n'est pas une faiblesse, c'est de la lucidité. Le contraire de la toute-puissance.

Ce qu'on me demande souvent

C'est quoi, la « posture de victime » ?

Un endroit où l'on attribue systématiquement la cause de ce qu'on vit à l'extérieur — les autres, le passé, le système. On y perd du pouvoir en échange de ne pas avoir à se responsabiliser.

Sortir de la victime, est-ce se culpabiliser ?

Non, au contraire. Responsabilité n'est pas culpabilité : ce n'est pas ta faute d'où ça vient, mais tu as le pouvoir sur ce que tu en fais maintenant.

Comment reprendre sa responsabilité au quotidien ?

En repérant les moments où l'on se plaint ou l'on projette, et en se demandant : quelle part de moi demande à être écoutée ici, et quelle clé puis-je reprendre ?

Demander de l'aide, n'est-ce pas rester victime ?

Non. Sur certaines blessures anciennes, on ne peut pas s'en sortir seul. Demander de l'aide en pleine responsabilité est l'inverse de la victime — et l'inverse de la toute-puissance du sauveur.

Cet article partage une expérience d'accompagnement, pas un avis thérapeutique. En cas de souffrance persistante, fais-toi accompagner par un·e professionnel·le.

Tu sens qu'il est temps de reprendre ta place ?

Quand tu sens que c'est le moment, je t'accompagne pour reprendre ta place — en ligne comme en présence.

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