La violence qui ne laisse pas de bleus
La violence physique tue ; la violence psychologique vide de la vie.
Le mépris répété, le déni de ce que l'autre ressent, le contrôle, l'isolement, la disqualification permanente : autant de formes qui n'apparaissent sur aucune radio, et qui pourtant abîment en profondeur.
Quand on te dit que ton ressenti n'est pas le bon
Une des marques de la violence psychologique, c'est le déni du ressenti : tu sens quelque chose, et on t'explique que tu te trompes, que ce n'est pas ça.
Mon ressenti est bleu, on me dit que c'est vert.
À la longue, on doute de soi. Réapprendre à faire confiance à son ressenti — « je ne prends plus le vert » — c'est sortir de l'emprise.
Nommer, c'est déjà se protéger
Tant que ça n'a pas de nom, on croit que c'est normal, ou que c'est de sa faute. Mettre le mot — violence psychologique, emprise — remet les choses à leur place : ce n'est pas toi le problème.
Nommer ne règle pas tout, mais ça rend le pouvoir d'agir : poser une limite, demander de l'aide, s'éloigner s'il le faut.
Et la reconnaître aussi en soi
La lucidité vaut dans les deux sens. Repérer où, nous-mêmes, on dénie le ressenti de l'autre, on contrôle, on disqualifie — sans se flageller, mais pour arrêter.
C'est un fil de ma causerie avec Marie Mombrun : la violence n'a pas de camp, et la reconnaître partout où elle est, c'est œuvrer pour plus de vie.
Ce qu'on me demande souvent
C'est quoi la violence psychologique ?
Un ensemble de comportements — mépris, contrôle, déni du ressenti, isolement, disqualification — qui n'utilisent pas la force physique mais abîment l'estime et la vitalité de la personne.
Comment savoir si je la subis ?
Des signes : tu doutes constamment de toi, tu te sens vidé après les échanges, on te dit souvent que tu exagères ou que tu te trompes de ressenti. Un·e professionnel·le peut aider à y voir clair.
Un homme peut-il en être victime ?
Oui. La violence psychologique ne dépend pas du genre. Beaucoup d'hommes la vivent sans oser la nommer, faute de modèle pour le dire.
Que faire ?
Nommer, ne pas rester seul, se faire accompagner. En cas de danger ou de violences, contacter le 3919 ou le 17.
Si tu es concerné·e par des violences : 3919 (violences conjugales, anonyme et gratuit) ou 17 en cas de danger immédiat. Cet article est une réflexion, pas un avis juridique ou médical.